Photographe plasticienne

Charlotte
Fuillet

Française, née en 1976. Après une formation à l’École Supérieure des Arts Graphiques et d’Architecture Intérieure (ESAG) à Paris, Charlotte Fuillet enseigne les arts graphiques en freelance. Elle développe en parallèle un travail de photographie plasticienne. Ses images, qu’elle expose et propose à des magazines, présentent souvent de vastes espaces naturels perturbés par des présences insolites. C’est aussi comme photographe qu’elle participe en 2004 à l’Année de la France en Chine. Elle finit par se détourner du graphisme. En 2020, elle organise à Velleron dans le Vaucluse l’édition 0 du Festival de la sauce tomate, où spectacle vivant côtoie ateliers coulis.

Tuteur : Julien Marchaisseau




Intention artistique

En se rapprochant du spectacle vivant, Charlotte Fuillet cherche à déployer autrement son rapport fort à l’espace, qui est au cœur de son œuvre photographique. Après de nombreuses années de création en solitaire, le collectif est aussi l’une des perspectives qui l’attirent à la FAI-AR. Elle vient y expérimenter l’interaction dans une temporalité précise, et repousser ainsi le cadre que lui imposait jusque-là la photographie. Créer avec des comédiens est pour elle une pratique nouvelle, qu’elle aborde par l’improvisation. En explorant cette voie synonyme pour elle de risque, d’inconfort, elle produit un type d’image différent de celui dont elle a l’habitude. Une image vivante, habitée.

Le point du départ naît d’un questionnement de notre compréhension du monde. Pourquoi, alors que nous sommes doués de langage, y-a-t-il tant de choses de l’Autre et de la nature qui nous échappe ? Entre l’installation et la performance, sa proposition nous immerge dans un univers dont la découverte se mérite. Fidèle à son goût pour les grandes étendues, Charlotte Fuillet met en scène des figures, des présences pour qui la conquête d’un nouvel espace n’est pas simple. Les matériaux qui composent ce monde inconnu sont pourtant simples : farine surtout, tuyaux… Mais ils sont agencés de telle sorte qu’avec un dispositif sonore englobant, ils suscitent chez chacun des interprétations, et surtout des questions diverses.

Spectateurs et acteurs, dans Le point de départ, sont tous égaux face à l’incompréhension. Ou presque. Jouant des personnages perdus, affolés, puis incarnant des monstres, des esprits, les quatre comédiens et acteurs de la création inventent à vue leur propre partition. Face à l’invasion de la matière, ils forment un ensemble instable, en permanente transformation. Assumées notamment par un technicien qui les réalise à vue, ces mutations n’ont ni pour but de séduire ni d’impressionner : elles interrogent la notion de sensation, la manière dont une image nous touche, en produisant du sens ou de l’émotion.