Comédienne, auteure, enseignante

Aude
Schmitter

Française, née en 1990. À sa sortie de l’ERAC en 2011, Aude Schmitter travaille comme actrice, auteure ou assistante à la mise en scène pour plusieurs compagnies (Mabel Octobre, Emile Saar, Diphtongue ou encore Pré-O-Coupé), et approche ainsi plusieurs esthétiques et disciplines. Elle développe un goût particulier pour les écritures du réel, qu’elle pratique à travers des projets auxquels elle participe sur le féminisme, la lutte armée dans les années 1970 ou encore notre rapport aux étrangers à travers la langue. Avec la cie Loop-s, elle pratique la performance à Bruxelles, et participe à plusieurs projets du collectif Désorceler la finance. Elle écrit aussi des pièces, parmi lesquelles Vivants de la compagnie Les Fugaces, qui travaille dans l’espace public.

Tutrice : Alix Denambride




Intention artistique

En se confrontant à l’espace public, Aude Schmitter cherche à développer le théâtre du réel qu’elle expérimente de longue date de diverses manières : par l’écriture, le jeu ou la mise en scène. La FAI-AR est pour elle l’occasion de s’affirmer en tant que porteuse de projets. Elle y développe des outils qui lui permettent de pousser plus loin le processus d’enquête qu’elle a pu expérimenter auparavant. Cela afin d’explorer un sujet qu’elle a déjà abordé sous des angles divers : notre capacité à poser comme centrales pour nous-même et notre entourage les conditions du vivant.

Dans PLS. Prendre Le Soin, c’est au personnel soignant que s’intéresse Aude Schmitter. Bien avant l’arrivée de la Covid, qui a mis en lumière la dégradation déjà ancienne des conditions de travail dans l’hôpital public, elle décide d’enquêter sur l’implication des corps dans le soin. Elle collabore avec le chercheur Clément Tarantini, dont la thèse porte sur le rapport du personnel soignant au risque infectieux. Comme lui, elle pratique une forme d’« anthropologie par le bas » : elle interroge aides-soignants, infirmiers mais aussi psychologues et médecins sur leurs gestes. Elle se met aussi à l’écoute de leurs souffrances, de leurs difficultés à défendre leur éthique de l’accès aux soins pour tous dans un contexte de réduction du personnel et des moyens.

Dans sa mise en espace public de ce matériau documentaire, Aude Schmitter recherche une distance. Face à des façades évoquant l’hôpital sans en être forcément un, elle déploie un chœur de soignantes qui mêle le mot au geste. Un chœur métaphorique, qu’elle incarne elle-même aux côtés des danseuses Nitya Petterschmitt et Juliette Otter. Passeur des témoignages recueillis en amont, ce trio volontiers comique, voire burlesque, développe lui-même son vocabulaire du soin, de l’empathie. Mis dans la position du visiteur d’un service hospitalier, le spectateur participe à la poétisation d’un réel souvent difficile, mais toujours tourné vers l’Autre, vers l’espoir.