Danser en espace public
improviser, traverser
du 5
Avr
2027
au 9
Avr
2027
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Depuis Marseille, la Compagnie Ex Nihilo déploie une danse qui se frotte au réel.
Les spectacles sont intimement inspirés des caractéristiques des lieux.
Marches, murs poteaux, façades, places : la ville est envisagée comme un partenaire, non comme un décor.
Le geste et les récits naissent de ses contraintes, s’imprègnent de ses bruits et transforment la relation aux usagers, spectateurs conviés ou passants devenant parfois spectateurs.
Repérer, s’installer dans des lieux en déshérences ou pas, parfois négligés, interstitiels, pour y danser est devenu un entraînement régulier, une pratique qui façonne le corps, la chorégraphie et l’interprète dans une relation renouvelée et obstinée à l’espace.
Cette formation explore en cinq jours la danse écrite et l’improvisation dans différents espaces publics pour se laisser traverser par le site, ses usages, ses habitants, les imprévus.
Qu’engage un geste posé dans la rue ? Son intensité dépend de la force de son interprétation, la place qu’il prendra peut vider une place ou rapprocher les corps. Entre ressenti intérieur et perception de l’extérieur, les stagiaires s’exercent à un aller-retour constant pour ajuster leur présence, choisir un positionnement et le tenir. Il ne s’agit pas de se regarder danser mais d’écouter sa danse, lieu et ce qui se produit sur l’instant.
Danser dans l’espace public est un emprunt éphémère : il faut y exister, s’y faire accepter, négocier avec ceux qui l’habitent, par le geste, le regard, la médiation pour y créer une bulle poétique.
Chaque journée alterne préparation physique en extérieur, lecture de lieux aux typologies variées, écriture et improvisation en solo, duo, trio ou groupe, puis retour d’expérience pour mesurer ce que la danse laisse à la ville, et ce que la ville fait à la danse. La semaine s’achève par une mise en jeu performative face à des publics non conviés. De l’écoute, du frottement, de la friction naît la liberté d’inventer sa manière d’habiter la rue.
Objectifs pédagogiques
Aborder la danse comme un dialogue avec l’espace :
- Observer et repérer les contraintes et les singularités des lieux,
- construire une présence singulière en groupe ou en solo à partir de consignes d’improvisation,
- construire et structurer une improvisation ou une séquence dansée écrite qui révèle un mode de relation ou un regard personnel avec l’espace choisi,
- approfondir sa capacité d’interprétation dans un contexte « hostile ».
Appréhender la danse en espace public comme une expérience relationnelle :
- Prendre conscience du rapport à l’instantané, à l’immédiat et à ce que cela implique pour l’interprète, le·la danseur·se ou le·la performeur·seuse,
- être attentif·ve aux actions et interactions avec l’espace extérieur et à la manière dont elles interfèrent sur la performance,
- éprouver différentes postures face aux publics non conviés (passants, habitants) et observer comment elles transforment la relation.
Prérequis :
- Être majeur·e et comprendre le français
- Avoir 2 ans d’expérience professionnelle
- Être en bonne condition physique (stage intense physiquement et se déroulant principalement en extérieur)
Les retours des stagiaires
Indicateurs 2025 :
- 44% des stagiaires ont atteint à minima 80% des objectifs opérationnels de la formation.
- Leurs attentes ont été satisfaites à 91,11%.
(Sur la base de 14 stagiaires évalué·e·s)
Quelques témoignages de stagiaires :
« Des acquis choregraphiques propres à ex nihilo, une manière de créer des formes dans l’espace public, une ouverture à un autre biais d’observation des corps dans des contextes urbains, le rapport d’un groupe à des espaces singuliers, une confortation dans mes envies de performance dans et avec l’espace public et les gens qui l habitent.»
Pierre-Maël Gourvennec, 2025
« Le fait d’être chaque jour entièrement dehors à permis de faire pleinement l’expérience du corps dans l’espace public et tout ce que cela peut mettre en jeu. Le fait que les formateurs prennent le temps de faire des retours individuels tout le long du stage, donne un accès direct à leur démarche artistique…» Zoranne, stagiaire édition 2024
« Ayant le désir de créer des projets en danse dans l’espace public de la ville où je réside, lors de ce stage j’ai pu expérimenter à travers différents lieux cette action de performer dans ses espaces partagés. J’ai pu être guidée à la fois pour négocier ses espaces et aussi pour trouver dans ma danse la connexion avec la singularité de chaque type de lieux. La pratique, les discussions et informations, les videos, l’observation des autres stagiaires ont répondu à mes questionnements et même alimenté mes envies. »
Manon, stagiaire édition 2023
« Sur l’aspect médiation je repars avec plein de clés, d’expériences personnelles, de celles du groupe, des formateurs. (…)
Ces clés permettent d’entrer dans l’espace avec sérénité parce que tu vas toi aussi être en observation des gens, tu sais que tu as plusieurs possibilités pour faire face à une tension, pour t’affirmer, par le dialogue voire par le départ. C’est hyper important, tout autant que faire attention à la matière, à l’architecture. »
Edition 2022
« Au bout de trois jours, j’ai déjà pu porter un regard plus complet sur l’espace ce qui permet à la fois de s’en détacher et de l’occuper de manière personnelle. »
Edition 2022
« Être dehors du matin jusqu’au soir permet d’apprivoiser la danse dans la rue dès l’échauffement expérimentations très variées proposition d’échauffement avec des phrases chorégraphiques utilisant le support du matériel urbain. (…) Formation riche, bon équilibre entre des moments dirigés et des moments d’improvisation. »
Elise, stagiaire édition 2021
« De nombreux challenges m’ont permis de progresser. »
Windy, stagiaire édition 2021
Formateur·rice·s
Anne Le Batard - Chorégraphe, danseuse, co-directrice de la compagnie Ex Nihilo
Fondatrice d’Ex nihilo en 1994, elle a co-écrit avec Jean-Antoine Bigot une quinzaine de pièces pour l’espace public ou pour la scène diffusées en France et à l’international. Elle a développé une écriture spécifique de la danse axée sur la réactivité et l’immédiateté empreinte d’une grande résonance avec les sites choisis.
Elle enseigne le répertoire et la technique de la compagnie à des publics professionnels et amateurs, scolaires et universitaires, à travers des workshops et des créations spécifiques.
Jean-Antoine Bigot - Chorégraphe, danseur, co-directeur de la compagnie Ex Nihilo
Fort d’un parcours d’interprète de 10 ans en compagnie, il collabore avec Ex nihilo dès 1998 notamment sur les réalisations cinématographiques. En 2000, il rejoint Ex nihilo pour sa deuxième création Tourne Vire et partage depuis la direction avec Anne Le Batard, pour les différentes créations jouées en extérieur et en intérieur. Parallèlement à sa carrière de danseur, il poursuit son travail plastique à travers le dessin et la peinture. Il expose dans différents lieux, du grand format (2m50 sur 2m50) au format carte de visite. Avec Derrière le blanc, il affirme ce désir d’assembler ses deux passions dans une performance. Convaincu lui aussi de la nécessité de la transmission, il forme danseurs professionnels et amateurs à la technique de la compagnie Ex nihilo, à travers son répertoire, en France et à l’étranger.