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Laëtitia Madancos

Metteuse en scène tout terrain

Du désordre dans les murs, du vivant dans l’imprévisible, de l’humain pour piloter nos rêves et être poète de notre résistance !

Né(e) en 1983 / Franco-portugaise

laetitia.madancos@gmail.com

Biographie

Découvrant le théâtre dès le collège, Laetitia Madancos devient rapidement intervenante artistique dans le cadre d’ateliers. Titulaire d’un Master Arts du spectacle, mention Théâtre Européen, elle multiplie à Grenoble les expériences de jeu et de transmission.

À la Marmite-Théâtre, pendant sept ans, elle assiste à la mise en scène Sophie Berckelaers et Karim Troussi. Elle y mène des projets au long cours hors les murs, avec des professionnels et des jeunes du quartier populaire grenoblois de la Villeneuve. À partir de 2010, elle co-fonde Les Fées Rosses, dont elle assumera la codirection artistique pendant huit ans.

La compagnie questionne les rapports de domination sous forme de théâtre forum, performances et expérimentations dans l’espace public. Voyageuse, elle traverse seule le continent africain, puis apprend à naviguer auprès du capitaine Jean Monzo dans les terres australes.

Projet artistique

Le théâtre a ouvert un véritable espace de liberté dans le parcours de Laëtitia Madancos. Depuis son adolescence, elle y voit un potentiel de déplacement et de décalage. Jalonnées de rencontres fortes, ses expériences de terrain lui apprennent à manier un théâtre politique sur la scène et dans l’espace public, tissant avec les générations et les contextes. De nomadisme choisi en immersions au long cours, elle peaufine aussi son écriture, se laissant traverser par les humanités qui peuplent les lieux, au bout du monde comme au coin de sa rue.

À la FAI-AR, elle décrypte son processus de création, qui s’inclut nécessairement dans un contexte géographique et politique. Adepte de dérives situationnistes, inspirée par les filatures de Sophie Calle, les errances de Raymond Depardon et les portraits marseillais de Yohanne Lamoulère, elle découvre la ville de Marseille en marchant et choisit comme cadre de son immersion une rue populaire de Belsunce.

Avec INTERVALLE(s), elle propose une expérience immersive révélant les contours inconscients d’un paysage, parfois tapi derrière les façades d’immeuble, pour lui donner un droit d’existence et de résistance. Avec poésie, elle incite à regarder l’autre, bousculant l’intime relation à nous-même et au monde. En circulation le long d’une rue, le visiteur, intronisé passant parmi les passants, est invité à recomposer son regard. Il y découvre une mosaïque restituant des fragments d’humanités. Parfois décalés ou amplifiés, des détails mis en valeur – bouts de vie, rites et usages, individualités révélées, en mots, sons, images et tableaux vivants – créent perturbations et interpellations.

Un intervalle rendu à tous – occupants pérennes comme temporaires –, visant à décloisonner les espaces et modifier la perception, parfois jusqu’au déraillement… Évolutive, cette installation vivante fait exister et résonner le présent de manière plus intense, dans la réhabilitation de l’errance contre le tout sécuritaire, utilitaire et consumériste.

Laëtitia Madancos ©Augustin Le Gall / FAI-AR

 

TUTEUR / Arnaud Pirault, directeur artistique / Groupenfonction

Maquette du Panorama des chantiers 2019 réalisée en complicité avec Julie Armenio (performeuse), Julie De Muer (preneuse de son), Simon Gillet (danseur), Ilsen (photographe), Flora Jacqueline (agrégée de géographie), Pierrem Thinet (compositeur – musicien) et les habitant·e·s et commerçant·e·s de la rue des Petites Maries (Marseille).

Un merci particulier à Radio Grenouille, Le Bureau des Guides et le centre social et culturel L’Olivier bleu.

 


Textes de Julie Bordenave.