Actrice culturelle tendance projets parallèles

Marlène
Llop

A étudié la sociologie, les arts du spectacle et la mise en scène. En 2015, elle sort de le FAI-AR. Elle défend une mise en scène de la parole et orchestre des partitions où se répondent texte, langue, musique live qu’elle fait dialoguer avec des images vivantes – présences oniriques et personnages fantomatiques. Sensible à la poésie et à la plasticité des lieux, elle contextualise ses propositions dans des espaces repérés : terrains de sport, forêt, parking, littoral, skate park … Soucieuse de l’importance d’aborder des textes dans l’espace public et de faire tanguer la frontière dedans-dehors, salle-paysage, boîte noire-ciel ouvert, sa recherche se fixe sur la porosité des codes et de leurs ambiguïtés.

Elle cofonde le Collectif BallePerdue, amateur de clips, d’urbanité, d’histoire de l’art et de spoken word. Ils approchent ensemble le théâtre, se mêlent au concert, créent des zones de partage, habitent le territoire, éditent et impriment une approche critique entre philosophie classique et sweat à capuche.

Intention artistique

Depuis 2015, avec le Collectif BallePerdue, Marlène Llop signe plusieurs créations dont les textes sont écrits par Manu Berk, auteur du collectif.

Asile Club – Flash de Propagande Poétique (2017) ; L’été des charognes – lecture musicale traduite en langue des signes (2018) ; Gang Bang Casanova – acte phrasé et radiophonie-poétique (2018) ; Gora ! Un selfie au milieu des sioux (2019) ; Un après-midi avec George Romero à regarder mourir les dinosaures – partition performative et sonore pour 12 adolescents (2020) ; I m not Giselle Carter – labyrinthe profane pour chants sacrés (2022).

Toutes ces créations ont comme tronc commun mes recherches autour du texte, de la musique live et des corps-images dans sa relation à l’espace et au paysage.

Des poings levés et des œuvres d’art, des cagoules et des sioux, des graffitis et des touristes, des apnées comme dans le Grand Bleu, du skate et ma mère à la double pédale.

Gora ! – actuellement en diffusion

Gora ! est une traversée auto-fictive, une micro-sociologie de langue, de propagande, de fratrie et de tout ce qui nous construit dans l’adolescence. C’est sur cette période que Marlène Llop interroge Manu Berk, auteur et plasticien du collectif, né en 1984, au Pays-Basque. Il a grandi entre le skate et des drapeaux brûlés, le surf et des cagoules, les odeurs de wax et de bombes à taguer. Elle lui demande de raconter avec ses mots et la distance d’aujourd’hui son parcours. Fasciné par ces images politiques, ces pères cagoulés et le sérieux des situations, il s’interroge aujourd’hui sur lui-même, sa propre révolte, ses racines créolisées et s’en amuse. Gora ! questionne ici les zones d’influence, les mécanismes d’appartenance pour en dégager une forme performative et visuelle.

À la FAI-AR, sa recherche artistique a été représentée par le projet de création Jusqu’à ce qu’une forêt de bateaux… Requiem migratoire lors du Panorama des chantiers de la 5e promotion du 11 au 13 mars 2015.

Jusqu’à ce qu’une forêt de bateaux…
Requiem migratoire

Dans un no man’s land, un homme et une femme, au pied d’une frontière.
L’un, en exil, cherche à la traverser. L’autre, gardienne éternelle, bloquée au pied du mur, échoue sa révolte dans un combat contre des ballons d’hélium.
Entre eux, un agent de Frontex, un golfeur qui tape ses balles, une femme qui tente de vider la mer… C’est un fait divers d’avril 2014 qui a inspiré Marlène Llop : la prise de parole, comme dernier acte de résistance, d’un migrant resté accroché au grillage de la frontière de Melilla, pendant des heures. Vaincu par la fatigue, il finit par descendre et se faire arrêter par la Guardia Civil.
Sans porter de parole militante, ni revendiquer un théâtre documentaire, Marlène cherche à mettre en scène les absurdités du monde, pour témoigner des différents points de vue qu’on peut leur opposer. Points de vue qu’elle sculpte en ping pong avec son équipe de travail.
Dans son théâtre de texte et d’images, les solitudes s’entrechoquent, comme émergées de l’inconscient collectif. Leur silence est aussi équivoque que la parole qui les anime, traduisant l’indifférence et notre impuissance.
Ces archétypes prennent place dans un « théâtre paysage », qui épouse les contours de son environnement. Un quai jonchée de carcasses de bateaux abandonnés, un terrain en friche coincé au milieu des collines ou d’une montagne de pneus…
Chaque paysage teinte la proposition d’une ambiance singulière, donnant une autre coloration à son « écriture matière » inspirée de l’urgence poétique de Dieudonné Niangouna comme du panache loufoque d’Angelica Lidell.

Dans le cadre de la formation supérieure, Marlène Llop a effectué un stage artistique au sein du collectif de création en espace public La Folie Kilomètre et de la compagnie de théâtre La part du pauvre. Son voyage d’étude s’est déroulé en Serbie.

Liens

Revue de presse du collectif BallePerdue
https://balleperdue.fr/Presse