Costumière qui danse

Zoé
Forestier

Française, née en 1992. C’est par le costume que Zoé Forestier aborde le spectacle vivant. Après l’obtention d’un DMA costumier-réalisateur au lycée Jules Verne de Sartrouville, elle habille les artistes de plusieurs compagnies, dont plusieurs entretiennent un rapport fort à l’espace public. La compagnie Off par exemple, et la Compagnie du Coin. En parallèle de ces expériences, à l’âge de 19 ans, elle commence aussi à danser. Grâce à différents stages, elle s’initie à la danse improvisée telle que la pratique Mark Tompkins, et au mouvement BMC avec Cécilia Ribault.

Tutrice : Céline Naji




Intention artistique

Entre le corps de l’autre, qu’elle a longtemps habillé, et le sien qu’elle fait danser, Zoé Forestier s’est forgé un rapport singulier au geste qu’elle affirme au sein de la FAI-AR. Elle l’enrichit aussi de nouveaux langages : ceux du théâtre et du clown. Elle qui avait déjà approché l’espace public en tant que costumière, c’est maintenant en tant qu’auteure et interprète qu’elle souhaite s’y exprimer. Elle profite de ce tournant pour questionner ce qu’elle est, une femme, et c’est en tant que telle qu’elle se présente pour la première fois seule devant un public.

Le personnage que Zoé Forestier imagine et incarne dans Magma est proche de ce qu’elle est dans la vie, mais aussi suffisamment éloigné pour lui donner la liberté d’explorer des voies nouvelles, en matière de sens autant que d’esthétique. Cette recherche de la distance juste s’ancre dans une fiction volontairement un peu naïve : celle d’une femme qui arrive quelque part comme si elle y naissait, et qui propose à ceux qu’elle rencontre un plan d’action pour changer le monde. Rien que ça. Il s’agit, dans une grande marche, de rassembler toutes les femmes de la terre. Ensemble, elles mettraient les hommes en veille, en pause, le temps de reprendre des forces et de tout recommencer.

Dans cette première création de Zoé Forestier, l’écologie croise le féminisme. C’est donc d’abord dans des espaces naturels, assez vides, vastes, qu’elle envisage de déposer sa fable. Son écriture est organique. L’image d’un volcan en éruption, doublée par celle d’une muqueuse, guident la construction de son spectacle où les mots se mêlent aux gestes. Deux entités permettent à l’artiste de donner appui aux questionnements qu’elle formule : un objet hybride, sorte de deltaplane qui n’est pas sans évoquer un vagin inversé, et le public qui est amené à suivre l’héroïne dans sa marche. Une marche lente, rythmée par des éclats de poésie.