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Luis
Carricaburu

Cubain, né en 1992. Formé à l’École Nationale de Danza Moderna de Cuba, Luis Carricaburu est membre pendant six ans du Danza Contemporanea de Cuba. Il étudie en parallèle à l’Université des Arts à La Havane, et consacre un mémoire aux relations entre action et mouvement dansé. Lorsqu’il quitte la compagnie nationale, il commence à créer ses propres solos de danse dans l’espace public. Il joue ses performances dans différents lieux, souvent liés à l’histoire de la révolution cubaine.

Tuteur : Christophe Le Blay




Intention artistique

Lorsqu’il quitte le compagnie nationale, Luis Carricaburu éprouve la difficulté à vivre dans son pays en tant qu’artiste hors de l’institution. Plus précisément en tant que danseur souhaitant déployer son geste dans l’espace public. C’est pour poursuivre cette recherche que l’artiste rejoint la France et la FAI-AR. Il continue d’y interroger en solo le politique, et recherche une manière de l’aborder. Il se concentre maintenant sur ce que la puissance politique inhérent à la danse peut faire dans un monde densément politisé. À partir d’une réflexion sur la révolution cubaine et sur les traces qu’elle a laissées dans la société, Luis Carricaburu mène une action qu’il souhaite contagieuse.

Contre-proposition à l’« Homme-Nouveau » qu’appelait de ses vœux le révolutionnaire et homme politique Che Guevara, L’Homme quelconque de Luis s’inspire de celui que décrit le philosophe italien Giorgio Agamben dans La communauté qui vient : théorie de la singularité quelconque. Entièrement construit au présent, cet individu qu’il incarne lui-même est poreux à tout ce qui l’entoure. Mobilisé par les injonctions à entrer dans des cases, à endosser telle ou telle identité, il est un être mouvant. Selon le lieu et les personnes présentes, Luis Carricaburu n’est pas tout à fait quelconque de la même manière.

Avant d’entrer en mouvement toutefois, il installe un « milieu » – il préfère ce terme qui offre des bases à sa transformation, à celui de « scénographie ». Ce terrain de jeu se compose de nombreuses représentations – du Che, de la Commune et autres figures et événements très ancrés dans les imaginaires collectifs –, avec lesquelles le danseur développe des relations de déprogrammation. Dans le passage de la confrontation à l’adhésion, de l’agitation à la propagande, il cherche à ouvrir au spectateur la possibilité de créer ses propres liens avec l’ensemble des éléments qu’il met en jeu. Oscillant de l’épique au précaire, il déjoue toutes les attentes.