Interprète - Reine des mouches

Justine Lou
Dhouailly

Française, née en 1992. Justine Dhouailly commence le théâtre très jeune à l’École des Enfants de la Comédie. Elle se forme par la suite de manière plus autodidacte, auprès de collectifs, de metteurs en scènes et sur les tournages. C’est autour de l’écriture de plateau et du clown qu’elle monte en collectif la Compagnie Plante un Regard en 2011. En 2015 elle monte sa première création La Biche Au Bois, un spectacle performance mêlant musique live, théâtre et installation plastique. Elle ouvre ensuite sa pratique à l’espace public en menant durant deux ans, en 2017, un projet de territoire auprès des habitants de Rennes en collaboration avec la plasticienne Cécile Demessine. En parallèle, elle forme le collectif Molossol dont la recherche mêle poésie en prose et musique amplifiée et travaille sur de petites formes documentaires sonores et cinématographiques.

Tuteur : Maxime Potard




Intention artistique

Après de nombreuses expériences en collectif, Justine Lou Dhouailly aspire à développer un langage personnel. L’esthétique qui l’intéresse étant fortement relationnelle, c’est à partir de l’espace public qu’elle décide de le penser. La FAI-AR lui offre la possibilité d’affirmer ses recherches, qu’elle axe sur le corps après avoir approché plusieurs disciplines – le théâtre en premier lieu, puis le cinéma, la musique, les arts plastiques – qui viennent toutefois nourrir son univers. Issue d’un milieu très alternatif, Justine voit aussi dans cette formation l’opportunité d’expérimenter de l’intérieur l’institution. Non pas pour formater sa pratique, mais au contraire pour en affirmer la liberté.

À son entrée à la FAI-AR, Justine cherche dès lors à développer un espace de partage, d’expérience autour de la notion de « lisière ». Invités à habiter un espace-temps hybride, où les reliques de la civilisation se mêlent à ce que l’on croit sauvage, un poème qui se construit dans le présent, les spectateurs assistent à une suite de transformations où l’imprévu, ont toute leur place. Ces actions qui les placent dans un état de présence particulier prennent une forme concrète, plastique : celle de créatures faites de matières organiques. De paille, de toison de mouton ou encore de glaise, qui sont pour les deux humains des outils de jeu avec le rapport au réel.

Alors qu’elle s’était surtout confrontée jusque-là à des espaces qui capturent et régissent les corps – parkings, hypermarchés… -, Justine Lou Dhouailly souhaite avec cette création pouvoir faire jaillir son univers dans tous types de lieux. À condition qu’elle puisse les fréquenter, y collecter au préalable des sensations qu’elle pourra retraduire ensuite à sa manière horizontale. En mettant sur un même plan la matière, le corps, la musique et les mots. Proche de la logique du rêve autant que du rituel, l’espace-temps qu’elle compose se métamorphose à vue.

Justine Dhouailly s’intéresse à la présence, à l’improvisation, à l’imprévu comme trace de ce qui échappe. Dans ce travail le public est invité à se déplacer librement à l’intérieur de l’espace scénique, à prendre part à l’écriture.

Lisières comme zones hybrides, corps-espace-temps, qui viennent troubler les limites de ce que l’on perçoit comme fini.
Depuis son entrée à la FAI-AR Justine mène un projet d’expérimentations sensibles et sensorielles sur les lisières.