Porter et interpréter un texte dans l’espace public
du 30
Nov
2026
au 11
Déc
2026
©Quentin Chevrier
Partir d’un texte littéraire pour explorer ce qu’adapter et jouer un texte dans l’espace public signifie : faire résonner une prose dans un environnement urbain, bétonné, contemporain ; se servir de la ville et de l’architecture pour travailler les reliefs d’une langue, pour déplier un récit, ses descriptions, ses dialogues, et sa poésie ; tester des passages, des voix et des corps dans des lieux, des recoins, des terrasses, de vastes esplanades ; faire exister une atmosphère qui contraste avec un contexte, faire parler ce contexte, le faire entrer en dialogue avec le texte, faire exister l’ailleurs du récit dans un ici très situé, très concret.
Pour ce stage, les participant·e·s plongeront, avec Clara Hédouin, dans l’univers d’Alain Damasio et son roman « Les Furtifs ».
« Nous sommes dans une ville du futur – proche – à moins qu’il ne s’agisse bien du présent. Peu importe, nous sommes dans l’après d’une catastrophe : l’espace est entièrement privatisé, vous n’entrez dans cette cour que si vous êtes un citoyen premium, ne passez par cette rue que si vous avez un forfait « privilège », et faites un détour de 3km dans un métro bondé si vous appartenez à la catégorie « standard ». Dans ce monde, l’intelligence artificielle vous a mis la bague au doigt, et la police vous assomme avec des ultrasons. Mais ils sont là, parmi nous, invisibles, métamorphiques : on les nomme les « furtifs »…. »
Emprunter différents chapitres, s’emparer de ses personnages, glisser entre les lignes, couper, trancher, extraire ce qui pourra leur permettre de jouer, et faire avec ce roman l’expérience de porter et d’incarner un texte dans l’espace public, et pour l’espace public. Voilà ce que travailleront les participant·e·s durant ces 10 jours.
L’expérience se déploiera en deux temps : une première semaine dans la friche de la belle de mai d’abord, et dans la garrigue autour de l’ancienne école d’architecture de Luminy, aux portes de calanques, ensuite.
Vous devrez apprendre par cœur au minimum un extrait (adapté par vos soins, entre 3 et 10min) pour le stage.
La Réplique et la FAI-AR s’associent pour proposer ce module de formation professionnelle mené par Clara Hédouin.
Objectifs
- S’approprier un texte et le faire résonner, le “sculpter” avec et pour un espace public singulier,
- Faire émerger les possibles d’un texte, d’un espace, d’un corps et d’une voix,
- Créer des liens, mettre en relation espace, corps, texte, dramaturgie et poésie,
- Concevoir une esthétique, une forme, une interprétation dans un dialogue entre texte et espace,
- Incarner le texte et habiter l’espace, négocier avec ses contraintes spécifiques et s’en servir pour inventer autrement,
- Engager le corps, la voix, la physicalité, le mouvement dans le texte et l’espace.
Prérequis
- être majeur·e et comprendre le français,
- avoir 2 ans d’expérience professionnelle dans le spectacle vivant comme interprète, performeur·se, scénographe ou metteur·se en scène.
Condition d’accès : chaque candidat·e devra avoir transmis au préalable un CV accompagné d’une note explicitant son projet au plus tard le 31 octobre 2025 à formation.continue(@)faiar.org. L’inscription sera considérée comme définitive à l’issue de la phase de sélection et à réception de la confirmation de financement.
Les retours des stagiaires
En 2025 :
- 60% des stagiaires ont atteint à minima 80% des objectifs opérationnels de la formation.
- Leurs attentes ont été satisfaites à 72%.
Quelques témoignages de stagiaires :
« Je sens vraiment que j’ai aiguisé mon regard sur l’espace et l’architecture qu’il propose et comment le mettre en lien avec un texte. Aussi je sens que mon rapport au public et sa considération s’est précisé ( déterminer sa place, sa dynamique, son écoute et sa vision. Comment créer des focus pour les spectateurices dans l’espace, dans le texte ).
Enfin en terme d’interprétation , surtout en regardant les autres, j’ai aussi mieux saisi les enjeux de l’interprétation en extérieur et des contraintes que l’extérieurs apporte. Enfin techniquement , j’étais contente de pouvoir approfondir sur les notions de météo, heure de représentations, et découvrir les possibilités sonore et lumineuse qu’apporte le matos en autonomie. » Pauline, session 2025
Formateurs
Clara Hédouin - Comédienne et metteuse en scène
Clara Hédouin est comédienne et metteuse en scène. À partir de 2012, elle lance un projet de création au long cours, Les Trois Mousquetaires, La Série, une adaptation du roman de Dumas sous la forme d’une série théâtrale, avec Jade Herbulot et Romain de Becdelièvre. L’aventure se développe sur les 6 années suivantes au sein du Collectif 49701. Elle comprend 6 spectacles, réunit une vingtaine d’acteurs et tourne dans toute la France, hors les murs des théâtres. Parallèlement, Clara mène une thèse de doctorat en Études théâtrales, La tentation épique – épique et épopée sur les scènes françaises – (1989-2018), publiée en 2022 chez Classiques Garnier, enseigne à l’Université de Rennes 2 et à celle de Paris-Ouest-Nanterre, et s’interroge de plus en plus sur le sens et les implications du fait de « jouer dehors ». À partir de 2020, elle ouvre un nouveau chantier théâtral, tourné vers la question du vivant, nommé « Manger le soleil », qui deviendra le nom de sa nouvelle compagnie. (voir www.mangerlesoleil.com). Elle se penche alors sur l’œuvre de Jean Giono, notamment « Que ma joie demeure », une randonnée théâtrale en milieu naturel de plus de six heures, mais aussi le Prélude de Pan, (qui mêle une nouvelle de Giono à une enquête documentaire in situ, auprès des agriculteurs habitant les communes où se joue le spectacle). Clara poursuit ainsi son exploration des formes épiques et collectives en extérieur, recherche qui franchira un nouveau cap avec l’adaptation de Manières d’être vivant, du philosophe Baptiste Morizot, projet qu’elle envisage pour la première fois dans la nuit.
Hector manuel -
Après des expériences de théâtre au lycée et au Festival off d’Avignon, il part étudier au Conservatoire régional de Strasbourg. À sa sortie de l’école du TNB en 2015, il forme avec ses camarades le collectif BAJOUR. Au sein du collectif, il est scénographe et acteur dans Un homme qui fume c’est plus sain (2016), met en scène L’île (2021) et Faust (2026), joue dans À l’Ouest (2021) et L’Éclipse (2024). Il joue en 2016 au Festival d’Avignon dans le feuilleton théâtral Le Ciel, La Nuit et la Pierre Glorieuse, création collective de La Piccola Familia. Il joue ensuite dans Songes et Métamorphoses (2016) de Guillaume Vincent, En réalités (2018) et La Brande (2022)avec le collectif Courir à la Catastrophe, et Tout le monde ne peut pas être orphelin (2019) avec les Chiens de Navarre. Il joue également dans Que ma joie demeure (2022) d’après Jean Giono mis en scène par Clara Hédouin et I will survive (2026) des Chiens de Navarre. Il participe régulièrement à l’enregistrement de ictions pour France Culture.
Au cinéma, il apparaît dans Oranges sanguines et Les pistolets en plastique de Jean-Christophe Meurisse et joue le rôle principal d’Un loup dans la nuit de Naomi Grand. Il est également membre du groupe de musique Pauls & le vent.
Partenaires
Association d’artiste pour la recherche, la transmission et la mise en lien, la Réplique est un collectif de professionnel·le·s questionnant leur art, les modalités et les enjeux de leur métier dans le but de mutualiser les compétences, de partager les savoirs, de stimuler la recherche et de fédérer un réseau de professionnel·le·s. Ouvert à toutes les disciplines du spectacle vivant et de l’audiovisuel, le collectif fait le lien entre la collecte de connaissances et l’acquisition de compétences qui viennent alimenter le geste artistique, à la recherche d’équilibre entre solidarité et emploi.
Son activité est organisée en trois pôles :
• Un Pôle Recherche composé de temps d’exploration artistique, en-dehors de tout objectif de résultat, privilégiant la tentative, le partage et la curiosité, comme nourriture créative.
• Un Pôle Transmission qui permet aux professionnel·le·s du secteur de transmettre la spécificité de leur propre pratique à d’autres artistes.
• Un Pôle Mise en lien qui offre aux adhérent·e·s une visibilité lors d’évènements mais également en ligne avec l’annuaire de comédien·ne·s disponible sur le site internet et une newsletter bimensuelle qui véhicule de nombreuses informations à un réseau de 4200 professionnel·le·s.