Projet de création de Nina Gazaniol

Tuteur : Judith Nab, metteure en scène et artiste

Vacuum se présente comme une expérience à vivre, entre performance et installation multimédia. Mais Vacuum pourrait aussi se présenter comme une partition aléatoire pour des ballerines, un club de golf, mille mégots de cigarettes, un compte à rebours omniprésent, des cathéters et une poule. Enfermés dans un cube dont les parois se font écrans de projection, vingt spectateurs, équipés d’un casque audio,  découvrent des séquences vidéo retransmises en live, depuis des lieux disséminés dans la ville. Fuyant la narration explicite, Nina Gazaniol fait confiance à la force esthétique qui se dégage de ses images. En filigrane, toutes abordent la hantise de l’absence, le vertige qui confine à la sensation de vide. Ce malaise est donné à voir, mais aussi à ressentir, via des astuces misant sur un léger dérèglement de ses repères spatio-temporels.

En cherchant de nouvelles manières de convier le medium vidéo dans la sphère de l’espace public, Nina questionne les paradoxes des relations virtuelles qui envahissent nos vies, et leur simulacre d’instantanéité. Pour ce projet, son rapport avec la ville se vit dans la recherche d’espaces urbains abandonnés ou vidés, et par la mise en scène d’amateurs recrutés localement pour performer. Son écriture est traversée de motifs récurrents : le vide, pour « explorer l’espace complexe qui existe entre deux extrêmes » ; l’effet miroir, pour mettre en valeur des sensations contradictoires. Confiné dans un espace clos, le spectateur observe des personnages désoeuvrés en action, dans des délaissés urbains à l’autre bout de la ville : « les espaces inusités d’une ville parlent tout autant que ses espaces compressés. » L’expérience se revendique déstabilisante pour le public, mais prévoit aussi de jouer sur des ambiguïtés de ressenti : « j’aime quand le spectateur ne sait pas s’il a le droit de rire ou pas. »

Julie Bordenave

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