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Jusqu’à ce qu’une forêt de bateaux…

Requiem migratoire

Projet de création de Marlène Llop

Tuteur : Charles-Eric Petit, auteur, metteur en scène, compagnie L’Individu

Dans un no man’s land, un homme et une femme, au pied d’une frontière. L’un, en exil, cherche à la traverser. L’autre, gardienne éternelle, bloquée au pied du mur, échoue sa révolte dans un combat contre des ballons d’hélium.
Entre eux, un agent de Frontex, un golfeur qui tape ses balles, une femme qui tente de vider la mer…
C’est un fait divers d’avril 2014 qui a inspiré Marlène Llop : la prise de parole, comme dernier acte de résistance, d’un migrant resté accroché au grillage de la frontière de Melilla, pendant des heures. Vaincu par la fatigue, il finit par descendre et se faire arrêter par la Guardia Civil.
Sans porter de parole militante, ni revendiquer un théâtre documentaire, Marlène cherche à mettre en scène les absurdités du monde, pour témoigner des différents points de vue qu’on peut leur opposer. Points de vue qu’elle sculpte en ping pong avec son équipe de travail.
Dans son théâtre de texte et d’images, les solitudes s’entrechoquent, comme émergées de l’inconscient collectif. Leur silence est aussi équivoque que la parole qui les anime, traduisant l’indifférence et notre impuissance.
Ces archétypes prennent place dans un « théâtre paysage », qui épouse les contours de son environnement. Un quai jonchée de carcasses de bateaux abandonnés, un terrain en friche coincé au milieu des collines ou d’une montagne de pneus…
Chaque paysage teinte la proposition d’une ambiance singulière, donnant une autre coloration à son « écriture matière » inspirée de l’urgence poétique de Dieudonné Niangouna comme du panache loufoque d’Angelica Lidell.