Projet de création  de Camilo Acosta Mendoza

Tuteur : Stéphane Decourchelle, artiste de scène

Confiant dans le pouvoir du clown – sans nez rouge – qui l’habite depuis toujours, Camilo établit un protocole d’occupation d’un territoire, déclinable selon les formules (interventions durant un festival, carte blanche de trois semaines dans une ville…). Nourri par les nombreuses expérimentations qui ont jalonné son parcours à la FAI-AR, il met au point sa propre boîte à outils, destinée à provoquer de micro perturbations dans le quotidien d’une ville. En février dernier, il a hanté un trajet qui lui est familier : partir de Noailles, dans le centre de Marseille, pour arriver à la Cité des arts de la rue, dans les quartiers Nord. Entre les deux, une série de contraintes et d’impossibilités (parcours au ralenti, marche les yeux bandés…) lui imposent des haltes dans des centres névralgiques de la ville (marché des Capucins, ligne 1 du métro, terminus de la station Bougainville…).

À l’instar d’un Pierre Pilatte, Camilo peaufine une « présence active » dans la rue, apte à questionner, bousculer et titiller le passant, toujours dans la douceur. Pour lui, « il s’agit de voir de quelle manière l’art peut rendre service, directement ou subtilement. La ville m’intéresse dans ses horaires familiers, quand les gens vont au boulot ou au marché, quand les enfants sortent de l’école… » Pour provoquer ces brèches dans le quotidien, il mise sur la force de conviction du clown, moins hermétique que le perforer en action, plus perméable au monde qui l’entoure, porté par une énergie d’ouverture, d’observation et d’exploration. Sensible au travail de Proserpine, Camilo prévoit de bâtir une dramaturgie « entre fantastique et réalité », émaillée des personnages qui l’auront traversé durant ces laboratoires (un clown clochard, un extraterrestre, un chef de casting de super héros…).

Julie Bordenave

https://clownderue.wordpress.com